Comment sait-on que les connaissances sont transférées

Les retombées de l’application des connaissances peuvent se classifier en fonction de la production de connaissances, le ciblage et la capacité de recherche, l’éclairage de l’élaboration de politiques et de produits, les bienfaits pour la santé ainsi que les avantages économiques plus vastes.

On retrouve également six catégories de retombées qui semblent propres au domaine de l’intervention psychosociale. Ces catégories de retombées ont trait au rapprochement entre chercheurs et milieux de pratique, au développement d’une culture réflexive, aux changements dans la conception des problèmes sociaux, aux avantages pour l’équipe de recherche, à la valorisation des savoirs d’expérience et à l’autonomisation (empowerment) de la population desservie ainsi qu’à l’augmentation de la crédibilité des milieux partenaires.

On peut également calculer les retombées selon le temps (court, moyen et long terme) ainsi que selon le type de retombées obtenues (retombées directes ou indirectes) afin de mieux rendre compte de la complexité des retombées issues de la recherche psychosociale (Gervais et Chagnon, 2010).

Type d’utilisation des connaissances

Il existe un consensus autour de trois formes d’utilisation des connaissances, soit l'utilisation instrumentale, l'utilisation conceptuelle et l'utilisation symbolique. L’utilisation instrumentale réfère aux situations où les connaissances scientifiques sont utilisées pour modifier une action ou prendre une décision. Il s’agit d’une utilisation spécifique et concrète des résultats de recherche. Bien que ce soit la plus fréquemment étudiée, cette forme d’utilisation très concrète survient plus rarement que les autres. Un deuxième type d’utilisation, l’utilisation conceptuelle, se produit lorsque la connaissance apporte des idées nouvelles qui influencent la compréhension des enjeux entourant une problématique donnée, sans toutefois induire nécessairement de modifications, à court terme du moins, dans les actions et les décisions. Selon Weiss (1998), l’utilisation conceptuelle serait néanmoins aussi souhaitable que l’utilisation instrumentale parce que, même si elle ne donne pas lieu à court terme à des changements de pratique, elle peut amener graduellement des changements majeurs dans les orientations et les perspectives de base. Enfin, l’utilisation symbolique ou stratégique consiste à utiliser la connaissance comme un argument d’autorité, avec tous les biais de mauvaise interprétation que cela comporte, pour justifier ou légitimer des positions, des décisions ou des choix préalables.